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Devoirs à la maison : jusqu’où les parents doivent-ils aider ?

18 septembre 2026

Lorsqu’un enfant rencontre une difficulté dans ses devoirs, il est naturel pour un parent de vouloir l’aider. On relit la consigne avec lui, on lui explique ce qu’il n’a pas compris, on corrige une erreur. Mais il arrive aussi que l’aide aille progressivement plus loin, jusqu’à donner une partie de la réponse ou à reprendre entièrement un exercice.

La question n’est pas de savoir s’il faut aider, mais comment le faire pour permettre à l’enfant de progresser et surtout de devenir petit à petit plus autonome.

Les recherches montrent que la nature de l’aide apportée est importante. Une méta-analyse publiée en 2024 dans la revue spécialisée Psicothema, portant sur 28 études et plus de 378 000 élèves, montre que, parmi les différentes formes d’implication parentale étudiées, le soutien à l’autonomie est celle qui est positivement associée aux résultats scolaires.

Les devoirs servent aussi à apprendre à travailler seul :

Les devoirs permettent de revoir une notion abordée en classe, de mémoriser, de s’entraîner ou d’appliquer ce qui a été appris. Mais ils permettent également à l’élève d’acquérir des habitudes de travail.

Relire une consigne, chercher dans son cours, essayer de résoudre un exercice, constater que l’on s’est trompé et recommencer sont des étapes normales de l’apprentissage. Il est donc important de laisser à l’enfant le temps de chercher avant d’intervenir.

L’erreur a également son utilité. Elle donne à l’enseignant une indication sur ce qui est acquis ou ne l’est pas encore. Si toutes les erreurs sont corrigées à la maison avant que le travail soit rendu, cette information peut disparaître.

Un devoir imparfait, mais réellement effectué par l’élève, peut donc parfois être plus utile qu’un devoir entièrement juste grâce à une intervention importante d’un adulte.

Accompagner sans faire à la place :

Le parent peut intervenir de nombreuses manières sans réaliser le travail à la place de son enfant. Il peut l’aider à organiser son temps, vérifier qu’il a compris ce qui est demandé, faire réciter une leçon ou l’encourager à chercher dans son cours.

Lorsqu’un enfant bloque, il est souvent préférable de commencer par lui poser des questions plutôt que de lui expliquer immédiatement comment faire : « Qu’est-ce que tu as compris de la consigne ? », « Est-ce que tu retrouves cette notion dans ton cours ? », « Avez-vous déjà fait un exercice qui ressemble à celui-ci ? »

Cela amène l’élève à mobiliser ce qu’il sait déjà et à chercher lui-même une solution.

Une deuxième méta-analyse, publiée en 2023 dans Frontiers in Psychology, s’est intéressée plus spécifiquement aux devoirs de mathématiques. Elle porte sur 20 études réunissant 16 338 élèves. Ses résultats montrent que le soutien parental favorisant l’autonomie est associé à de meilleurs résultats en mathématiques. À l’inverse, une aide dite « intrusive », dans laquelle le parent intervient directement dans le travail de l’enfant, est associée à de moins bons résultats.

Parfois, mieux vaut laisser l’enseignant réexpliquer :

Il arrive aussi qu’un parent ne sache pas comment expliquer une notion. Il peut l’avoir apprise différemment, ne pas connaître la méthode utilisée en classe ou simplement ne pas être à l’aise avec le sujet.

Dans ce cas, il n’est pas nécessaire de chercher à tout prix à terminer l’exercice. Connaître une notion et savoir l’enseigner à un enfant sont deux choses différentes. L’enseignant connaît la progression suivie en classe, les méthodes utilisées et la manière dont la notion a été introduite.

Il peut donc être plus utile de dire à son enfant : « Tu as essayé et tu n’as pas compris. Demande demain à ton professeur de te réexpliquer. »

Apprendre à reconnaître que l’on n’a pas compris et à demander une explication fait aussi partie des apprentissages. Savoir identifier son besoin d’aide et solliciter la bonne personne contribue à devenir plus autonome.

Le parent peut, si nécessaire, laisser un petit mot à l’enseignant pour préciser que l’enfant a essayé d’effectuer le travail mais n’a pas réussi à aller plus loin. Cela permet de distinguer un devoir qui n’a pas été fait d’un devoir que l’enfant n’a pas su faire.

Cette situation est bien connue des enseignants : « Il arrive très souvent que certains de mes élèves arrivent avec leurs devoirs faits, mais dès que je les questionne un peu ou que je leur demande de venir expliquer leur raisonnement au tableau, ils ne savent plus répondre. Je vois alors clairement que quelqu’un a fait le devoir à leur place, souvent un parent, et surtout que l’enfant n’a pas compris ce qu’il a fait. Pour moi, c’est totalement contre-productif.

Je préfère largement qu’un élève vienne me voir spontanément et me dise : “Je n’ai pas fait mon devoir parce que je n’ai pas compris.” Dans ce cas, je vais au contraire essayer de l’impliquer davantage en classe, de le faire participer à la résolution de l’exercice et de m’assurer qu’il a bien compris. » Adrien, professeur de mathématiques en 6ème, à Léon l’Africain Domaines d’Anfa.

Savoir aussi s’arrêter :

Il n’est pas toujours facile pour un parent de savoir à quel moment arrêter d’aider. Cela dépend de l’âge de l’enfant, de son autonomie et de la difficulté rencontrée. Mais lorsque le parent doit reformuler presque toutes les réponses, corriger systématiquement chaque exercice ou intervenir avant même que l’enfant ait réellement cherché, il est utile de se demander si cette aide lui permet encore d’apprendre.

Les études citées plus haut montrent qu’une implication parentale plus importante n’est pas automatiquement synonyme de meilleurs résultats. Ce qui compte davantage est la façon d’intervenir : soutenir l’enfant dans sa recherche plutôt que prendre progressivement le contrôle du travail. L’objectif n’est donc pas que tous les devoirs soient parfaits, mais qu’ils correspondent autant que possible au travail et à la compréhension de l’élève.

Une aide qui évolue avec l’âge :

Un enfant de primaire n’a naturellement pas les mêmes besoins qu’un collégien ou qu’un lycéen.

Au primaire, les parents peuvent encore être présents pour aider à installer des habitudes : préparer son matériel, organiser le moment consacré aux devoirs, faire réciter une leçon ou accompagner la lecture d’une consigne.

Au collège, le parent peut encore aider à organiser le travail ou à anticiper une échéance, mais l’enfant doit apprendre à chercher et à réaliser seul une part croissante de son travail.

Au lycée, l’autonomie prend une place beaucoup plus importante. Le parent reste disponible, mais n’a normalement plus besoin de superviser quotidiennement les devoirs.

Ces repères doivent bien sûr être adaptés à chaque enfant. Certains acquièrent rapidement leur autonomie, tandis que d’autres ont besoin d’un accompagnement plus long ou particulier.

Au fil des années, l’accompagnement parental doit ainsi pouvoir se faire plus discret. L’objectif est que l’élève apprenne progressivement à organiser son travail, à identifier ses difficultés et à chercher les ressources dont il a besoin pour les résoudre.

Pour en savoir plus :

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