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Le bien vivre ensemble à l’école : un apprentissage fondamental, au cœur du projet éducatif du réseau Léon l’Africain

12 février 2026

Le bien vivre ensemble : un contenu pédagogique et académique à part entière

Longtemps perçu comme une conséquence naturelle de la vie en collectivité, le « bien vivre ensemble » est aujourd’hui reconnu comme un objet d’apprentissage à part entière, au cœur des enjeux éducatifs contemporains. Les recherches en sciences de l’éducation convergent sur un point essentiel : on n’apprend pas durablement sans relations de qualité, sans sécurité émotionnelle et sans sentiment d’appartenance.

Le rapport de la Commission internationale sur l’éducation pour le XXIᵉ siècle, dirigée par Jacques Delors, identifie « apprendre à vivre ensemble » comme l’un des quatre piliers fondamentaux de l’éducation, aux côtés d’apprendre à connaître, à faire et à être. L’école y est appelée à développer chez les élèves la compréhension de l’autre, le respect du pluralisme, la coopération et la capacité à construire un idéal commun. Le vivre ensemble n’est donc ni accessoire ni périphérique : il constitue un contenu éducatif structurant.

Bien avant cela, le philosophe et pédagogue John Dewey soulignait que l’école est une microsociété, un lieu où l’enfant expérimente concrètement les règles collectives, les tensions, les solidarités et la démocratie en actes. Dans cette perspective, l’éducation ne peut se limiter à la transmission de savoirs : elle doit permettre aux élèves de vivre des situations réelles de coopération, de responsabilité et de débat.

Dans la continuité, Philippe Meirieu rappelle que l’élève n’est pas seulement un apprenant, mais une personne en construction. Ignorer les dimensions relationnelles, sociales et émotionnelles de l’éducation fragilise à la fois le climat scolaire et les apprentissages. Former l’esprit critique, la capacité à coopérer, à gérer les conflits ou à reconnaître l’autre comme un égal fait pleinement partie de la mission de l’école.

Les travaux relayés par l’UNESCO confirment d’ailleurs le lien direct entre climat scolaire, bien-être des élèves et réussite académique. Dans un contexte marqué par une augmentation des tensions relationnelles, des phénomènes de harcèlement et une exposition accrue aux réseaux sociaux, le bien vivre ensemble ne peut être laissé à l’implicite : il doit être enseigné, accompagné et incarné.

Comment le réseau Léon l’Africain fait vivre le bien vivre ensemble au quotidien

C’est dans cette vision exigeante que s’inscrit le projet éducatif du réseau Léon l’Africain. Le bien vivre ensemble y est pensé comme une compétence évolutive, travaillée dès la maternelle et renforcée tout au long du parcours scolaire, jusqu’au collège et au lycée.

L’approche repose sur trois leviers indissociables du climat scolaire : la sécurité et la justice éducative, la qualité des apprentissages et la qualité des relations. Ces leviers se traduisent par des pratiques pédagogiques concrètes, visibles au quotidien dans la vie des établissements de Casablanca comme de Rabat.

Parmi ces pratiques, les temps de débat encadré occupent une place centrale. À partir de situations vécues par les élèves ou de scénarios pédagogiques construits, les classes sont invitées à réfléchir collectivement à des questions de respect, d’injustice, de conflit ou de coopération. Les élèves apprennent à exprimer un point de vue, à écouter celui des autres et à argumenter sans violence, sous la médiation de l’enseignant. Ces échanges développent l’esprit critique tout en contribuant à prévenir les tensions relationnelles.

Le réseau accorde également une attention particulière au sentiment d’appartenance et à la valorisation des singularités. Des activités pédagogiques invitent les élèves à partager un objet, une histoire ou un élément de leur histoire familiale et personnelle. Ces moments de mise en récit, fréquemment observés dans les classes et lors d’événements qui sont notamment relayés sur les réseaux sociaux des établissements, permettent à chacun de se sentir reconnu et légitime, tout en découvrant la richesse des parcours des autres. La diversité devient alors un levier de cohésion.

À cela s’ajoutent de nombreux projets collectifs et coopératifs : olympiades sportives, clubs artistiques, projets culturels, initiatives créatives comme La Grande Lessive, ou encore projets de classe récompensés pour leur imagination et leur travail d’équipe. Ces expériences donnent aux élèves l’occasion de créer, de s’engager et de réussir ensemble, au-delà du cadre strictement académique.

Des réponses adaptées aux enjeux du collège et du lycée

Cette démarche prend une importance particulière au collège et au lycée, dans un contexte marqué par une augmentation des tensions relationnelles : conflits entre pairs, phénomènes de harcèlement, pression du groupe, rapport plus conflictuel à l’autorité et impact croissant des réseaux sociaux.

Au collège, période charnière de construction identitaire, l’accent est mis sur la compréhension des dynamiques de groupe et la prévention des violences. Les élèves apprennent à analyser les rapports de force, à identifier leurs émotions et à envisager des solutions collectives. Le travail coopératif structuré permet de déplacer le regard de la compétition individuelle vers la responsabilité partagée.

Au lycée, le bien vivre ensemble prend une dimension plus explicitement citoyenne. Des espaces de discussion argumentée permettent d’aborder des questions sociales, éthiques ou liées à l’actualité. L’objectif n’est pas de produire un consensus artificiel, mais d’apprendre à débattre sans violence, à distinguer opinion et argument et à respecter la pluralité des points de vue. L’engagement des lycéens dans des projets solidaires, culturels ou liés au développement durable renforce leur sentiment d’utilité sociale et leur pouvoir d’agir.

Et à la maison, comment les parents peuvent-ils contribuer au bien vivre ensemble ?

Le bien vivre ensemble ne s’arrête pas au portail de l’école. Ce que les enfants vivent en classe se prolonge à la maison, dans les gestes du quotidien, les paroles échangées et la manière de gérer les tensions. Sans chercher à être parfaits, les parents peuvent jouer un rôle clé, simplement en posant quelques repères cohérents et bienveillants.

Pour les enfants en maternelle et en primaire, l’essentiel passe par l’exemple. Mettre des mots sur les émotions (« Qu’est-ce qui t’a rendu heureux aujourd’hui ? », « Y a-t-il eu un moment difficile ? »), valoriser les gestes de partage ou de coopération, confier de petites responsabilités adaptées à l’âge (mettre la table, ranger ensemble) aide l’enfant à comprendre qu’il fait partie d’un collectif. Parler positivement de l’école et des enseignants renforce également son sentiment de sécurité.

Pour les collégiens, le rôle du parent est avant tout d’offrir un espace d’écoute sans jugement. Écouter sans minimiser, poser des questions ouvertes plutôt que donner des solutions toutes faites, aider à prendre du recul sur les conflits permet de développer l’esprit critique. Le dialogue autour des écrans et des réseaux sociaux, avec des règles claires et expliquées, est aussi un levier important pour prévenir les tensions.

Pour les lycéens, le bien vivre ensemble passe largement par la responsabilisation. Encourager l’engagement dans des projets collectifs, associatifs, culturels ou solidaires donne du sens et développe la coopération. À la maison, accepter le désaccord, discuter de sujets de société sans chercher à imposer un point de vue montre que le respect peut exister même dans la divergence. Rester attentif aux signes de mal-être et oser ouvrir le dialogue est essentiel.

Lorsque l’école et la famille avancent dans la même direction, même avec des styles différents, l’enfant évolue dans un cadre plus lisible et rassurant. Ce sont souvent les gestes les plus simples, répétés au quotidien, qui font toute la différence.

Une culture éducative vivante et engagée

À travers l’ensemble de ces pratiques et initiatives, le réseau Léon l’Africain affirme une vision humaniste et exigeante de l’éducation. Le bien vivre ensemble n’y est ni un slogan ni une intention abstraite, mais un contenu pédagogique structurant, incarné dans les pratiques quotidiennes, les projets collectifs et la relation étroite avec les familles.

Parce qu’apprendre à vivre ensemble, c’est aussi apprendre à devenir citoyen, aujourd’hui à l’école, et demain dans la société.

Pourquoi adopter la discipline positive en classe ?

Contrairement aux méthodes traditionnelles centrées sur la sanction, la discipline positive vise à aider les enfants à comprendre leurs erreurs et à chercher des solutions. Il ne s’agit pas d’une éducation permissive où tout serait autorisé, mais d’un cadre structurant et sécurisant, dans lequel chaque enfant se sent écouté et encouragé. De nombreuses études en psychologie de l’éducation ont montré qu’un enfant qui se sent en confiance et respecté développe une meilleure estime de soi et apprend plus efficacement.

De plus, selon la théorie de l’autodétermination développée par Deci et Ryan (1985), l’être humain a trois besoins psychologiques fondamentaux : l’autonomie, la compétence et l’appartenance sociale. Un enfant qui ressent un sentiment d’appartenance à sa communauté et qui perçoit qu’il contribue activement à son environnement développe une plus grande motivation intrinsèque et un meilleur bien-être général.

Les principes fondamentaux de la discipline positive

Dans notre quotidien d’enseignants, nous pouvons nous appuyer sur plusieurs principes clés pour instaurer un climat de classe apaisé et propice aux apprentissages :

  1. Encourager plutôt que punir
    Au lieu de pointer systématiquement les erreurs, il est préférable de valoriser les efforts et les progrès. Par exemple, si un élève oublie régulièrement son matériel, il est possible de l’aider à organiser ses affaires en mettant en place un rappel visuel ou un tableau de suivi.
  2. Établir un cadre clair et cohérent
    Les règles doivent être explicites et acceptées par tous. Une manière efficace de les instaurer est d’impliquer les élèves dans leur élaboration, par exemple en organisant un conseil de classe où chacun peut s’exprimer et contribuer aux règles de vie collective. 
  3. Favoriser la recherche de solutions
    Plutôt que d’imposer une sanction immédiate, il s’agit d’aider l’élève à réfléchir aux conséquences naturelles de ses actes et à proposer lui-même une solution adaptée. Cette approche responsabilise l’enfant et lui apprend à gérer ses comportements de manière autonome.
  4. Instaurer un climat de respect mutuel
    Nous, enseignants, sommes des modèles pour nos élèves. Une communication bienveillante et un ton calme favorisent des interactions plus harmonieuses en classe, et renforcent le respect mutuel.
  5. Favoriser l’appartenance et la contribution
    Pour qu’un élève se sente pleinement engagé et motivé, il doit avoir le sentiment d’appartenir à un groupe et d’y jouer un rôle utile. Dans une classe, cela se traduit par des responsabilités partagées, des projets collaboratifs et une valorisation des apports de chacun. Un élève qui sait qu’il a un rôle à jouer dans la classe se sentira naturellement plus impliqué et épanoui.

Comment l’appliquons-nous concrètement dans notre établissement ?

Dans les écoles Léon l’Africain, plusieurs pratiques inspirées de la discipline positive sont mises en place pour encourager l’autonomie et le respect des règles :

  • Les temps de parole et d’échange : Des moments dédiés permettent aux élèves d’exprimer leurs émotions et préoccupations, et ainsi de désamorcer les tensions avant qu’elles ne dégénèrent en conflits.
  • La valorisation de l’élève : les efforts sont encouragés et valorisés
  • Les messages positifs : Plutôt que de dire « Ne criez pas ! », nous préférons reformuler en disant « Parlons plus doucement pour mieux nous entendre ».
  • Les responsabilités partagées : Confier des tâches aux élèves (gestion du matériel, organisation d’activités, etc.) leur donne un rôle actif dans la vie de la classe et renforce leur sentiment d’appartenance et d’utilité.
  • Les discussions et débats en classe : Certaines heures sont consacrées à des échanges sur les règles de vie à l’école et la gestion du vivre-ensemble. Ces moments permettent aux élèves de réfléchir collectivement aux principes à respecter, de proposer des solutions en cas de conflit ou de manquement, et d’apprendre à argumenter et écouter les autres avec respect.
  • La recherche de solutions plutôt que la punition : Lorsqu’un problème de comportement survient, l’objectif n’est pas de sanctionner mais d’aider l’élève à comprendre l’impact de ses actes et à chercher une solution pour réparer ou améliorer la situation. Par exemple, un enfant qui a perturbé la classe est invité à réfléchir aux conséquences de son comportement sur ses camarades, à exprimer ce qu’il aurait pu faire différemment et à proposer lui-même une solution pour réparer la situation ou mieux gérer son attitude à l’avenir.
  • Les temps de régulation émotionnelle : Des outils comme la roue des émotions, le bâton de parole, des exercices de respiration ou des coins de retour au calme permettent aux élèves d’apprendre à mieux gérer leurs émotions et à retrouver leur sérénité avant de reprendre les activités en classe.

Et à la maison ?

La discipline positive ne se limite pas à l’école, elle peut aussi s’appliquer à la maison pour renforcer la coopération entre parents et enfants. Voici quelques conseils pratiques :

  • Fixer des règles claires et cohérentes : Expliquez les règles et leurs raisons en impliquant vos enfants. Par exemple, plutôt que d’imposer une heure de coucher sans discussion, abordez la question avec eux en expliquant l’importance du sommeil et décidez de l’heure du coucher d’un commun accord.
  • Privilégier les encouragements : Un enfant apprend mieux lorsqu’il se sent valorisé. Au lieu de punir un oubli, proposez-lui de trouver ensemble une méthode pour s’organiser.
  • Gérer les conflits avec empathie : Plutôt que d’imposer une sanction immédiate en cas de conflit entre frères et sœurs, encouragez-les à trouver ensemble une solution équitable.
  • Valoriser le sentiment d’utilité : À la maison aussi, les enfants doivent sentir qu’ils contribuent à la vie de famille. Confier des responsabilités adaptées à leur âge leur permet de se sentir compétents et importants. Impliquez votre enfant dans des tâches adaptées à son âge. Un jeune enfant peut aider à ranger ses jouets, tandis qu’un adolescent peut être responsable de préparer un repas une fois par semaine.

Quels bénéfices pour nos enfants ?

Les retours des enseignants et des parents sont unanimes : les enfants développent une plus grande autonomie, prennent davantage d’initiatives et interagissent de manière plus apaisée avec leur entourage. Moins de tensions, plus de coopération et, surtout, un environnement propice aux apprentissages et au bien-être.

Pour en savoir plus :

Quelques propositions d’ouvrages fournissant une base solide pour comprendre et appliquer les principes de la discipline positive dans divers contextes, qu’il s’agisse de l’école ou de la maison.

  1. La discipline positive : Un guide pratique pour élever des enfants responsables et respectueux, Nelsen, J. (2006), Éditions de l’Homme.

Ce livre est une référence incontournable, écrit par Jane Nelsen, pionnière de la discipline positive. Il présente de manière claire et pratique les principes de cette approche éducative.

  1. La discipline positive dans la classe : Pour une pédagogie respectueuse et responsabilisante, Sabaté, B. (2012), Éditions Retz.

Ce livre est une ressource précieuse pour les enseignants qui souhaitent adopter la discipline positive dans leurs classes. Béatrice Sabaté, spécialiste de la discipline positive, y partage des stratégies concrètes pour appliquer cette méthode avec les élèves.

  1. Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, Faber, A., & Mazlish, E. (2008), Éditions de l’Homme.

Bien que ce livre ne traite pas exclusivement de la discipline positive, il en reprend de nombreux principes, notamment l’importance d’une communication respectueuse et bienveillante avec les enfants.

  1. Le piège de la punition : Pour une éducation sans violence, Kohn, A. (1996), Éditions Marabout.

Alfie Kohn, un spécialiste de l’éducation, critique les méthodes traditionnelles basées sur la punition et plaide pour des approches comme la discipline positive, qui privilégient la compréhension et la coopération.

  1. Les principes de la motivation humaine : Une théorie de l’autodétermination, Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2002), Éditions De Boeck Supérieur.

Bien que ce livre soit plus axé sur la théorie de la motivation, il explore des concepts fondamentaux comme l’autonomie, la compétence et l’appartenance, qui sont essentiels dans la pratique de la discipline positive.

  1. La discipline positive à la maison : Pour des enfants autonomes et responsables, Leroy, M., & Nelsen, J. (2017), Éditions de l’Homme.

Ce livre offre des conseils pratiques pour appliquer la discipline positive à la maison, avec des exemples concrets pour aider les parents à gérer les défis quotidiens.

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